PACEA — De la Préhistoire à l'Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie.

PACEA — De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie. UMR 5199, Université de Bordeaux, CNRS.


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Les chercheurs du LaScArBx percent les secrets d’une exceptionnelle grotte paléolithique basque

par Isabelle Esqurial - publié le

Parution de l’ouvrage "Munibe Monographs. Anthropology and Archaeology Series, 1"

Lorsqu’en 2000, Xavier Penalver, responsable d’une petite équipe en charge de la fouille de sauvetage d’une grotte basque destinée à la destruction, découvre la première d’une longue série de galets percés, il n’arrive pas à en croire ses yeux. Ce qui semblait être une opération de tout repos dans un site presque stérile, se transforme en une course contre la montre et contre un puissant lobby politico-industriel qui a la ferme intention de faire exploser la montagne et la grotte à la dynamite.

Une bataille s’engage alors pour sauvegarder un site paléolithique unique, qui livre des dizaines de pendeloques, dents percées, pigments, empreintes de mains sur les parois et coquillages marins. Chose étonnante, certaines pendeloques en pierre sont découvertes les unes à côté des autres et disposées par ordre de taille.

Les datations 14C et le mobilier archéologique suggèrent une date d’environ 15 000 ans et une attribution au Magdalénien inférieur cantabrique.

L’étude des pendeloques, des dents percées, des coquillages et des crayons d’ocre est confiée à une équipe de chercheurs du laboratoire PACEA (UMR CNRS-Université de Bordeaux-MCC). Les recherches menées à Bordeaux révèlent, entre autre, que les galets utilisés pour fabriquer les pendeloques n’ont pas été ramassés dans la vallée du Deba, où se situe la grotte, mais plutôt dans des vallées proches du Pays basque français. Les crayons d’ocre ont aussi une origine exotique. La perforation des pendeloques a demandé plus de 100 heures de travail. Toutes les pendeloques portent des stigmates d’une longue utilisation pour orner un vêtement, probablement une cape.

L’analyse de coquillages, datés de 12 000 ans, révèle qu’il s’agit des restes d’un atelier de tri, le premier connu dans son genre. Tout porte à croire que les hommes du Paléolithique ont ramassé de nombreuses littorines sur la côte située à quelques kilomètres de distance et se sont abrités dans la grotte pour choisir les coquilles de la bonne taille et de la bonne couleur pour fabriquer des parures. La raison d’un aussi grand nombre de pendeloques dans une grotte de petite taille et qui ne semble pas avoir été intensément habitée reste un mystère. Lieu d’activité d’un chaman ? Les chercheurs n’excluent pas de percer le mystère dans le futur.

La monographie qui rassemble les résultats de ces travaux vient d’être publiée. Elle constitue un exemple concret et bien abouti de collaboration scientifique transfrontalière pour la mise en valeur d’un patrimoine culturel commun.

Pendeloques en pierre, dents percées, crayons d’ocre et coquillages marins découverts dans la grotte de Praile Aitz I, Pays Basques. Photos d’Errico/Vanhaeren/Rigaud

Voir en ligne : Munibe Monographs. Anthropology and Archaeology Series, 1